🥁 Lars Ulrich, c’est le batteur qu’on adore critiquer… et qu’on finit toujours par écouter. Moi, j’ai appris la double pédale en massacrant le pont de « One » dans mon garage, comme des milliers d’autres. Il n’a jamais été le plus technique de sa génération, et il le dit lui-même. Mais sans lui, il n’y aurait tout simplement pas de Metallica. Je te raconte son parcours, ce que son jeu peut t’apprendre et le matériel qu’il utilise vraiment.
| Né | 26 décembre 1963 à Gentofte (Danemark) |
| Pays | Danemark (vit aux États-Unis depuis 1980) |
| Groupes | Metallica (cofondateur, depuis 1981) |
| Style | Thrash metal, heavy metal, hard rock |
| Batterie | Tama Starclassic Maple (toms 10″ et 12″, deux toms basse 16″, deux grosses caisses 22″) |
| Cymbales | Zildjian (pas de ride : une china à la place) |
| Caisse claire signature | Tama Lars Ulrich LU1465, 14×6,5″ en acier |
🔹 Biographie de Lars Ulrich
Une enfance danoise entre tennis et jazz
Lars Ulrich naît le 26 décembre 1963 à Gentofte, au nord de Copenhague, et grandit à Hellerup. Son père, Torben Ulrich, est un joueur de tennis danois de haut niveau, et aussi un passionné de jazz. Son grand-père, Einer Ulrich, jouait lui aussi au tennis. L’ambiance familiale est très musicale : son parrain n’est autre que le saxophoniste de jazz Dexter Gordon.
Le jeune Lars suit d’abord les traces de son père. Il joue au tennis et se classe parmi les dix meilleurs de sa catégorie d’âge au Danemark. Mais en février 1973, à 9 ans, il assiste à un concert de Deep Purple à Copenhague. Le choc est total : dès le lendemain, il achète l’album Fireball. Vers 12 ou 13 ans, sa grand-mère lui offre sa première batterie, une Ludwig.
La Californie et le choix de la musique
À l’été 1980, la famille s’installe à Newport Beach, en Californie, pour que Lars puisse s’entraîner au tennis. Le projet tourne court : il ne parvient pas à intégrer l’équipe de tennis de son lycée, Corona del Mar, qui ne compte que sept places. C’est ce revers qui le pousse à se consacrer à la musique.
À cette époque, Lars dévore la nouvelle vague du heavy metal britannique. En 1981, il découvre Diamond Head avec l’album Lightning to the Nations, et il traverse l’Atlantique pour aller les voir en concert à Londres. Ce groupe marquera durablement Metallica.
La petite annonce qui change tout : la rencontre avec James Hetfield
De retour aux États-Unis, il passe une annonce dans le journal local The Recycler. En substance : un batteur cherche d’autres musiciens metal pour jouer, fans de Tygers of Pan Tang, Diamond Head et Iron Maiden. C’est James Hetfield qui répond. Les deux garçons se retrouvent à Downey, en Californie. D’après Wikipédia, le premier essai ne convainc pas Hetfield ; c’est lors d’une deuxième rencontre que Lars le séduit.
Le déclic vient d’une opportunité que Lars décroche : une place sur la compilation Metal Massacre. Il faut un nom de groupe. Son ami Ron Quintana hésite entre « Metal Mania » et « Metallica » pour son fanzine. Lars lui conseille « Metal Mania »… et garde « Metallica » pour lui. Le groupe est officiellement formé le 28 octobre 1981.
Les années thrash : de Kill ’Em All à …And Justice for All
Fin 1982, le bassiste Cliff Burton rejoint le groupe, à condition que Metallica s’installe dans la baie de San Francisco. En avril 1983, juste avant l’enregistrement du premier album, le guitariste Dave Mustaine est renvoyé ; Kirk Hammett le remplace. Kill ’Em All sort en 1983, suivi de Ride the Lightning en 1984.
Le 3 mars 1986 sort Master of Puppets, souvent cité parmi les meilleurs albums de metal de tous les temps. C’est le premier disque d’or du groupe. Mais le 27 septembre 1986, Cliff Burton meurt dans l’accident du bus de tournée en Suède. Metallica continue et publie …And Justice for All en 1988. Le morceau « One » remporte en 1990 le Grammy de la meilleure performance metal.
Le Black Album et la conquête du monde
En 1991, l’album Metallica, surnommé le « Black Album », change la dimension du groupe. Il débute numéro un dans dix pays et se vend à 650 000 exemplaires aux États-Unis dès sa première semaine. Il est aujourd’hui certifié 16 fois platine dans ce pays. Suivent Load (1996) et Reload (1997), plus rock, qui divisent les fans de la première heure.
L’affaire Napster
En 2000, Metallica découvre que son catalogue, y compris le morceau inédit « I Disappear », circule gratuitement sur Napster, le service de partage de fichiers. Le groupe porte plainte pour violation du droit d’auteur. Lars Ulrich devient le visage de ce combat : le 11 juillet 2000, il témoigne devant la commission judiciaire du Sénat américain. L’affaire se règle à l’amiable, et plus de 300 000 utilisateurs sont bannis du service. Cette prise de position lui vaut une image durable de « méchant » auprès d’une partie du public, même si le débat sur la rémunération des artistes reste plus que jamais d’actualité.
Crise, renaissance et consécration
Les années 2000 sont agitées. Le documentaire Metallica: Some Kind of Monster, présenté à Sundance en janvier 2004, montre le groupe en pleine crise pendant l’enregistrement de St. Anger (2003). L’album se classe numéro un aux États-Unis, mais le son de caisse claire de Lars, très métallique, est particulièrement critiqué. Le groupe revient ensuite à un thrash plus direct avec Death Magnetic (2008).
Le 4 avril 2009, Metallica entre au Rock and Roll Hall of Fame. Lars Ulrich devient le premier Danois à recevoir cet honneur. En 2016, après des années de campagne, c’est lui qui prononce le discours d’intronisation de Deep Purple, le groupe qui l’avait fait basculer à 9 ans. Le 26 mai 2017, la reine Margrethe II le fait chevalier de l’ordre du Dannebrog. Entre-temps, Metallica a publié Hardwired… to Self-Destruct (2016) puis 72 Seasons (2023), défendu par la tournée M72 lancée à Amsterdam le 27 avril 2023. Le groupe a vendu plus de 163 millions d’albums dans le monde.




🎵 Style et technique de Lars Ulrich
Un pionnier du thrash et de la double pédale
Dans les années 1980, Lars Ulrich impose des rythmes rapides et agressifs. Il fait partie des pionniers des beats thrash, ces rythmes à fond de train où la caisse claire tombe sur chaque temps. Avec « One », il popularise auprès d’un très large public la double grosse caisse, dans ce pont final en rafales calées sur les guitares. Si tu veux t’y mettre, jette un œil à notre s\u00e9lection des meilleures doubles pédales.
La simplicité assumée
Après le Black Album, son jeu devient plus simple, plus posé. Il réduit même son kit de neuf à sept éléments. Sur Death Magnetic et Hardwired… to Self-Destruct, il retrouve une partie de ses réflexes thrash, avec un jeu plus agressif. Mais sa philosophie ne change pas : la chanson d’abord.
Il l’a dit sans détour dans une interview de 2018 relayée par Blabbermouth : « I’ve never been very interested in ability ». Pour lui, la batterie est avant tout un instrument de groupe. En 2008, au magazine Rhythm, il se décrivait comme un batteur pas particulièrement accompli, mais excellent pour comprendre le rôle de la batterie à côté de la guitare rythmique de James Hetfield.
Les critiques : parlons-en honnêtement
Soyons francs : Lars Ulrich est sans doute le batteur de metal le plus critiqué au monde. On lui reproche un tempo qui flotte en live, des fills moins précis qu’autrefois, et ce fameux son de caisse claire sur St. Anger, que la critique a jugé très « métallique ». Ces critiques ne sont pas toutes injustes. Il n’a jamais revendiqué la virtuosité d’un Dave Lombardo, et ce n’était pas son objectif.
Mais lui-même ne s’en cache pas. En 2020, dans le magazine du fan-club de Metallica, il expliquait n’avoir plus rien à prouver et être devenu imperméable à ces commentaires. Et il faut lui rendre justice : il a coécrit avec James Hetfield des morceaux qui ont façonné tout un genre. Composer « Master of Puppets » ou « One », ce n’est pas une question de vitesse au métronome.
Ce que tu peux apprendre de lui
- Joue avec le riff. Lars calque souvent sa grosse caisse sur la guitare rythmique. Écoute les guitares avant de poser ton pied.
- Serre les rangs avec la caisse claire. Sur un beat thrash, une caisse claire régulière et puissante compte plus qu’un roulement compliqué.
- Travaille la double pédale en musique. Le pont de « One » est un excellent exercice : des doubles croches régulières, sur un tempo raisonnable au départ.
- Ose les choix de son. Il n’utilise pas de ride et frappe une china à la place. Ton kit n’a pas à ressembler à celui du voisin.
- Protège tes oreilles. Il a révélé en 2009 souffrir d’acouphènes après des années de tournées sans protection. Ne reproduis pas cette erreur.
Pour jouer ce répertoire dans de bonnes conditions, notre guide des meilleures batteries pour le metal te donne des pistes selon ton budget.
💿 Les morceaux à écouter
- « Creeping Death » (Ride the Lightning, 1984) : un classique de scène, que Lars termine souvent debout derrière ses fûts.
- « Battery » (Master of Puppets, 1986) : le thrash à l’état pur, rapide et sans temps mort.
- « Master of Puppets » (1986) : changements de tempo, breaks millimétrés, une vraie leçon de structure.
- « One » (…And Justice for All, 1988) : le pont en double grosse caisse que tous les batteurs metal ont travaillé.
- « Enter Sandman » (Metallica, 1991) : le groove simple et lourd qui a fait connaître le groupe au monde entier.
- « Sad But True » (Metallica, 1991) : lent, massif, la preuve qu’on peut écraser sans jouer vite.
- « Hardwired » (Hardwired… to Self-Destruct, 2016) : le retour du thrash nerveux, plus de trente ans après les débuts.
🥁 Le matériel de Lars Ulrich
La batterie : Tama Starclassic Maple
Lars Ulrich est endorsé par Tama pour ses fûts et son hardware. Il joue une Starclassic Maple avec toms de 10″ et 12″, deux toms basse de 16″ et deux grosses caisses de 22″. Les finitions changent selon les tournées : orange de 2008 à 2016, un violet profond sur le WorldWired Tour, puis un jaune vif avec hardware noir sur la tournée M72.
Les cymbales : Zildjian, sans ride
Côté cymbales, il est fidèle à Zildjian, selon Wikipédia (en anglais comme en français). Sa particularité : il n’aime pas le « ding » de la ride et utilise une china à la place. Sur la tournée M72, son technicien a juste ajouté une ride à côté de la china le temps de « Until It Sleeps », puis l’a retirée. Les références exactes de ses crashs ont varié au fil des années, donc je ne te donnerai pas de liste figée. Pour t’y retrouver dans la gamme, lis notre guide complet des cymbales Zildjian.
Peaux, baguettes et caisse claire
Il utilise des peaux Remo et des baguettes Ahead, en aluminium. D’après Wikipédia en français, il dit préférer des baguettes en bois en studio. Et surtout, il possède sa caisse claire signature chez Tama, la LU1465 : un 14×6,5″ en acier. Pour la comparer à d’autres modèles de batteurs célèbres, consulte notre sélection de caisses claires signature, et découvre d’autres parcours dans notre page des batteurs célèbres.
❓ FAQ — Lars Ulrich
Quelle est la nationalité de Lars Ulrich ?
Lars Ulrich est danois. Né en 1963 à Gentofte, près de Copenhague, il vit aux États-Unis depuis 1980 mais n’a que la nationalité danoise. Il a été fait chevalier de l’ordre du Dannebrog en 2017.
Comment Lars Ulrich a-t-il rencontré James Hetfield ?
Par une petite annonce. En 1981, Lars publie une annonce dans le journal californien The Recycler pour trouver des musiciens metal. James Hetfield y répond, et Metallica est officiellement fondé le 28 octobre 1981.
Lars Ulrich était-il joueur de tennis ?
Oui, adolescent. Fils du joueur de tennis Torben Ulrich, il figurait parmi les dix meilleurs de sa catégorie d’âge au Danemark. Sa famille s’installe en Californie en 1980 pour qu’il s’entraîne, mais il ne parvient pas à intégrer l’équipe de son lycée et se tourne vers la musique.
Pourquoi Lars Ulrich est-il critiqué ?
On lui reproche surtout un manque de précision en concert, un jeu jugé trop simple depuis les années 1990, son son de caisse claire sur St. Anger et son rôle dans le procès contre Napster en 2000. Il assume : il se dit plus intéressé par la chanson que par la technique.
Quelle batterie joue Lars Ulrich ?
Une Tama Starclassic Maple avec deux grosses caisses de 22″, des toms de 10″ et 12″ et deux toms basse de 16″, avec des cymbales Zildjian, des peaux Remo et des baguettes Ahead. Sa caisse claire signature est la Tama LU1465 en acier, en 14×6,5″.
🥁 La caisse claire signature de Lars Ulrich
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